Drazan Gunjaca LA ROULETTE BALKANIQUE

EXTRAITS DE COMPTES RENDUS

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LA ROULETTE BALKANIQUE
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- EXTRAITS DE COMPTES RENDUS

Bibliographie:
- LA ROULETTE BALKANIQUE
- L'AMOUR COMME CHATIMENT
- QUAND JE NE SERAI PLUS
- RUPTURES BALKANIQUES
- A MI-CHEMIN DU CIEL
- A l'OMBRE DE LA RAISON
- BONNE NUIT, LES AMIS

- LES REVES N'ONT PAS DE PRIX

- TOUS LES HOMMES SONT FRERES
- AQUARELLE BALKANIQUE

 

Rastislav Durman
Andrea Camilleri (écrivain italien )
Francesca Pedinelli (Stradanove, 12/03/2003, Italie)
Valentina A. Mmaka (STILOS, Italie, 19/03/203)
Francesco Mazzetta, (II Mucchio Selvaggio, 25-31 mars 2003)
Sirio Paccino (Italie)
Zoran Raièeviæ, dramaturge (Théâtre national de Belgrade, Serbie)
Gianna Dallemulle Ausenak (LA BATTANA, Rijeka, No 148/2003) Croatie
IL LABORATORIO DEL SEGNALIBRO, No 14/2003
Antonio Izzi Ruffo (IL CONVIVIO, No 14/2003), Italie
Luciano Dobrilovic – Fucine Mute, No 56/2003 (Italie)
Prof. Laura Liberati
Vincenzo Lombino, Impatto Sonoro, 2004, Italie
Fabrizio Pizzuto (Parole di Sicilia, 2004) Italie
Marcello Tosi – Corriere Romagna , 21/03/2004, Italie

Rastislav Durman
(écrivain, Novi Sad, Serbie)

De part son genre, « La roulette balkanique » est plutôt une tragédie qu'un drame, et on peut meme dire une tragédie conforme au modele de la poétique antique. La piece de Gunjaèa traite des circonstances de la désintégration de la Yougoslavie, donc de quelque chose qui n'est pas encore vraiment de l'histoire , de quelque chose qui ressemble plus a des tisons en train de s'éteindre qu'a des cendres, de blessures qui sont encore plutôt au stade de croutes que de cicatrices, mais elle ne se lit pas non plus comme un document sur les gens ordinaires, victimes des intérets de la haute politique, ni comme un essai sur les manieres serbo-croate, croato-serbe ou serbe et croate de souffrir sur le tard des maladies infantiles du nationalisme et de la création d'états indépendants. En réalité, ce drame n'est pas uniquement un document et un essai – il l'est, mais seulement au deuxieme ou troisieme plan. Au premier plan, il traite de l'archétype de l'homme qu'on a privé de toutes les valeurs sur lesquelles il avait fondé sa vie. Ce qui arrive a Petar, Mario, Jovica, Safet, Ante, Ivan et Milojica nous laisse deviner la tragédie de tous les honnetes soldats qui souffrent non de la défaite, mais de l'impossibilité de se conformer a leur serment. C'est une douleur éprouvée non seulement par les soldats, mais par toutes les personnes arrachées de force a leur vie quotidienne en laquelle ils croyaient et ou ils avaient investi la meilleure partie d'eux-memes. C'était la meme amertume qu'avaient ressenti le centurion britannique abandonné sur les rives de la Tamise quand les légions romaines s'étaient définitivement retirées vers Rome ou l'ingénieur tcheque qui avait consacré toute sa vie au développement des aciéries slovaques, et s'était retrouvé du jour au lendemain comme représentant d'une minorité nationale en Slovaquie.

En abordant les quelques premieres pages de « La roulette balkanique », on acquiert l'impression qu'il s'agit d'un drame fait pour etre lu ou d'un roman sous forme de dialogues – la tension dramatique dans l'exposition étant intérieure, la scene statique et les répliques relativement longues. Grâce a l'introduction de nouveaux personnages, la situation change completement, la tension dramatique intérieure des personnages se transforme en action qui s'accélere pour atteindre vers la fin un rythme fou de rondo, qu'on retrouve également, comme procédé, dans les romans de Gunja è a (de sorte qu'on peut parler d'un genre particulier de rythme comme constante du style de Gunjaèa). Apres ce déchaînement de l'action survient de nouveau une accalmie, créant l'impression que la symétrie dans la composition atteint la perfection chirurgicale, l'action revenant en courbe parabolique a son point de départ, et soudain on assiste de nouveau a une culmination, une grande explosion émotionnelle et c'est le vide.

Ce qui distingue « La roulette balkanique » de la tragédie antique est l'absence de style élevé (on a affaire ici a du pur naturalisme) et de langue noble (dans le drame elle est rudimentaire, ce qui convient parfaitement a des personnages qui ont muri et se sont formés dans des casernes), et de surcroît ce ne sont pas les dieux, mais l'histoire qui s'oppose au(x) héros, et par conséquent a chaque saint sa chandelle.

Andrea Camilleri
(écrivain italien
)

« Un dialogue tragique et sans issue, tel un duel a mort, sur l'absurdité des conflits et des guerres. »

Francesca Pedinelli
(Stradanove, 12/03/2003, Italie)

Pourquoi il vaut mieux attendre Godot que de le voir arriver.

Il s'agit d'une piece de théâtre dont l'atmosphere est déterminée par l'attente angoissante de la mort, interrompue de temps en temps par l'apparition de nouveaux personnages et de nouveaux drames humains. C'est un monde de larmes, comme dans la merveilleuse scene ou Petar et Mario pleurent dans les bras l'un de l'autre en chantant leur « ancien » hymne, un monde ou tout trouve son explication dans le tragique épilogue, cette délivrance qui arrive grâce a une balle dans la tempe. C'est la roulette balkanique qui ne permet aucun changement d'avis car dans ce jeu tragique avec la mort, on a affaire non pas a un révolver comme dans la roulette russe, mais a un pistolet avec lequel toute pression sur la détente est fatale.

Cependant, comme dans le cas de Petar, cela peut représenter un nouveau début héroique. Que nous l'appelions tragédie ou comédie noire, cette derniere ouvre de Dražan Gunjaèa, avocat de 45 ans marqué par le « vice » de l'écriture, représente un cri désespéré contre la guerre et la haine. Il s'agit de themes tres actuels que l'auteur ressent comme siens, parvenant ainsi a entraîner le lecteur avec lui dans ce voyage émouvant a travers les vies privées de deux personnes semblables a beaucoup d'autres. Deux personnes qui, a la différence des autres, se trouvent au bon endroit mais au mauvais moment, car ils sont citoyens de la « poudriere » appelée les Balkans, ou le détonateur d'un nouveau conflit est toujours sur le point de s'enflammer.

C'est un drame et un message adressé a ceux qui n'ont pas vécu la guerre, mais ont seulement suivi les évenements. Comme a ceux qui pensent que la guerre a aussi ses bons côtés. Bref, c'est un livre bien écrit, intelligent, imprégné de l'idée de paix, et, ne fut-ce que pour cette raison, digne d'etre lu.

Valentina A. Mmaka
(STILOS, Italie, 19/03/203)

Dans ce drame sur la guerre dans les Balkans, les personnages de Gunjaèa nous poussent a réfléchir, tout au long de leur dialogue dense et saisissant sur les raisons de la guerre, l'appartenance ethnique, les gens ordinaires qui doivent vivre l'obscure calamité de la guerre au cours de leur existence douloureuse et désespérée. La roulette balkanique est une variante de la roulette russe, a la seule différence que la roulette russe (avec un révolver) permet l'échec, tandis que sa variante balkanique (avec un pistolet) ne laisse aucune chance de survie. La mort est le résultat de ce « jeu » pervers, inadapté et inévitable pour celui qui sent que ses propres valeurs cedent sous le poids des déchirements de la guerre, comme dans l'histoire de Petar, l'un des personnages principaux.

Francesco Mazzetta,
(II Mucchio Selvaggio, 25-31 mars 2003)

La « Roulette Balkanique » de Dražan Gunjaèa serait une farce si elle n'était une tragédie.

Le gouffre ou sombre un homme ordinaire, Petar, n'est pas tant une métamorphose des idéologies ou des uniformes qu'une preuve que ces idéologies et ces uniformes marquent aussi les âmes des gens, de sorte que meme les sentiments les plus forts ne peuvent triompher de tels changements. C'est pourquoi cette courte piece de théâtre devrait servir d'avertissement a ceux qui incitent aux séparatismes et régionalismes et devrait etre lue par tous les membres du parti italien Lega Nord dans l'espoir que certains d'entre eux retrouvent leurs esprits.

Sirio Paccino (Italie)

Comprendre cela signifie se heurter a sa propre impuissance, avoir l'impression d'etre un pion dans ce jeu implacable qui, comme le disait Brecht, met a jour des ennemis a la tete de sa propre armée. Cela signifie aussi se sentir égaré devant des évenements qui tendent a anéantir en un clin d'oil ce qui a été construit avec peine, comme il arrive d'ailleurs toujours quand les puissants décident que l'heure est venue de refaire un peu la carte du monde. Ce sont des réflexions qui surgissent sous l'impulsion de quelqu'un qui vit tout cela, et non sous l'influence du cirque médiatique; elles sont exprimées dans la langue sobre et minimaliste de quelqu'un qui a vécu la guerre, et non dans la langue vide et réthorique de ceux qui l'ont proclamée. Ce qui représente une des qualités de l'auteur, ce sont aussi ses limites, le manque apparent de perspective, de recul de celui qui observe les choses de si pres. D'autre part, les évenements historiques sont tout sauf achevés, et il faudra beaucoup de temps pour que les gens soient de nouveau capables et désireux de regarder de l'avant, vers l'avenir.

Zoran Raièeviæ, dramaturge
(Théâtre national de Belgrade, Serbie)

Le drame « La roulette balkanique » est une ouvre mure et limpide, pénétrant hardiment jusqu'aux profondeurs de l'etre des acteurs, mais aussi des victimes du sanglant drame yougoslave. La désintégration de la fédération a conduit inévitablement a la désintégration des relations humaines et de l'individu lui-meme, qui est l'agent de ces relations. L'intrigue est logique, les relations claires.

Gianna Dallemulle Ausenak
(LA BATTANA, Rijeka, No 148/2003) Croatie

Il est difficile d'aborder le sujet de la guerre dans les Balkans sans tomber dans le tourbillon des sentiments et céder sous le poids des émotions qui rendent plus difficile la description des évenements. L'auteur réussit dans cette tâche car ses personnages vivent « de l'intérieur » les évenements et les conséquences de la folie de la guerre. Des le début de la piece, dans ce monde ou tout est sens dessus dessous, la collision avec la nouvelle réalité constitue un drame humain insupportable ou la quete d'une solution raisonnable semble un jeu douloureux et impossible.

Le dialogue entre les deux officiers est tissé d'expressions de condamnation et de messages moraux, qui touchent aux themes concernant les grands et petits évenements du passé et de l'actualité des pays balkaniques, de ces pays ou l'hymne national est plus important qu'un estomac plein… Les moments d'introspection pleins de tension intentionnellement exagérée et empreints d'ironie visant a souliger la mentalité du milieu auquel appartiennent les personnages s'entremelent aux dialogues apparemment banals qui progressent vers une réelle souffrance. L'auteur n'a pas eu l'intention d'engager un proces, mais de parvenir pas a pas a la vérité en exposant et analysant la réalité plus qu'amere.

C'est une ouvre digne de respect, écrite avec brio en partie grâce a l'excellente connaissance du sujet traité. Outre l'idée de base qui est la catastrophe humaine provoquée par la guerre, on perçoit un désir évident d'éclaircissement des choses, d'examens de conscience sans élucubrations philosophiques. C'est le chemin que Gunjaèa suit jusqu'au bout, grâce a sa persévérance et son sens du théâtre.

IL LABORATORIO DEL SEGNALIBRO,
No 14/2003

Ecrite sous forme de piece de théâtre, « La roulette balkanique » rappelle la tragédie classique antique, dont elle se distingue cependant par ses dialogues agressifs et le genre d'  « ennemi » auquel les personnages sont confrontés.

Alors que les héros grecs triomphaient de divinités furieuses, les sept soldats de ce livre se trouvent menacés par un seul et meme ennemi : l'histoire.

C'est une ouvre sur l'absurdité de la guerre, qui glorifie de façon réaliste l'amour du prochain.

Antonio Izzi Ruffo
(IL CONVIVIO, No 14/2003), Italie

Un drame qui se termine par une tragédie, un dialogue long et pénible, presque entierement imprégné de la guerre, et qui finalement se révele etre un roman d'amour.

…Comme cette guerre est une chose abominable ! Petar s'est suicidé, non a cause de la guerre, mais par amour.

Luciano Dobrilovic
Fucine Mute, No 56/2003 (Italie)

La roulette balkanique est un drame en un acte dont la thématique rappelle en profondeur

la tragédie grecque antique, mais dans un contexte historique, social, humain et politique terriblement contemporain : la désintégration sanglante de la Yougoslavie. L'auteur en est Dražan Gunjaèa, qui a vécu dans sa propre chair la tragédie et l'absurdité de cette réalité, et surtout celles de ses personnages : des officiers dont la mission et le serment n'ont plus aucune signification, car ils servent une armée qui, alors qu'elle aurait du défendre ce pays multiethnique et les idéaux sur lesquels il était fondé, se met a attaquer ses propres peuples qui se sont déclarés nations souveraines et politiquement indépendantes, étant donné que la fédération a cessé d'exister.

Ce drame dense et simple met en scene des personnes et des évenements que nous connaissons vraiment (peut-etre depuis le service militaire) ; il est écrit avec une grande verve, une subtile richesse de détails.

C'est le « drame » d'un peuple, d'une guerre qui déchire, anéantit les membres, l'esprit et l'âme, laissant l'homme sombrer dans un gouffre de destruction.

La tragédie de ces capitaines, a commencer par Petar qui ne distingue pas le pain serbe du pain croate, est aussi la tragédie de leurs soldats, de tout un peuple dépouillé de ses droits civils et humains, perdu dans un cri d'alarme qui reste sans réponse.

Prof. Laura Liberati

La roulette balkanique de Dražan Gunjaèa est un rideau levé qui révele la difficulté de vivre, propre a l'histoire tumultueuse des peuples slaves entremelés.

La préface rédigée par Srða Orbaniæ commence par ces mots frappants et pleins d'implications : « Godot est arrivé ».

Contrairement a ce qui se passe dans le drame de Samuel Beckett, ou les personnages Vladimir et Estragon attendent un mystérieux et obscur Godot, attente qui se prolonge sine die, dans cette ouvre de caractere franchement dramatique les capitaines Petar et Mario, l'un Serbe et l'autre Croate, vivent l'évolution d'une tragédie programmée qui mene au suicide.

La preuve en est, parmi les nombreuses questions capitales qui se trouvent posées, la phrase du personnage principal : « Se suicider en uniforme ou en civil ? »

Il s'agit d'un tissu de pensées, de passions, dans un cadre historique bien défini : l'heure, minuit ; le mois, septembre ; l'année, 1991 ; le lieu, Pula. L'unité de temps, de lieu et d'action crée un dialogue fermé entre les deux amis, captive les spectateurs (ou les lecteurs) en remuant des émotions de sorte qu'on a aucune possibilité de fuite, exactement comme au V siecle avant notre ere dans les tragédies d'Eschyle (Toutes les carctéristiques de la tragdie antique sont présentes)…

C'est une ouvre créative qui touche le lecteur : elle maintient un registre élevé de valeurs, qui ne se trouvent pas affectées par la langue réaliste et qui cadrent avec le contexte. Les tons contrastés pourraient refléter, pour s'exprimer métaphoriquement, une sorte de lumiere semblable a celle des tableaux de Caravaggio, qui ne provient pas d'une source précise comme dans les tableaux flamands, mais de la profondeur des personnages, grâce a un usage savant de la couleur.

Vincenzo Lombino,
Impatto Sonoro, 2004, Italie

Membre de la Haute Commission de lecture internationale de l'Edition Universum pour le concours littéraire PREMIO INTERNAZIONALE LIBRO D'ORO 2004 (Italie)

Tout commence intentionnellement par l'association d'idées qui s'établit entre l'histoire racontée et la célebre piece « En attendant Godot », comme si dans le drame de Gunjaèa les personnages principaux, Petar et Mario, devaient reprendre les rôles de leurs prédécesseurs, Vladimir et Estragon. Et lorsque Godot, que tout le monde attend, finit par arriver une nuit de septembre 1991, l'histoire peut commencer. Seuls dans une piece avec un cendrier plein, une demi-bouteille de cognac et leurs pistolets, deux amis se mettent a parler de la guerre et de ce qu'est maintenant devenu l'homme, marqué par le sang qu'il a versé pour sa patrie.

C'est la mort des idéaux et des buts car la guerre les a emportés.

Le dialogue entre les deux personnages est si bien organisé et combiné qu'il ressemble presque a un monologue, comme si les deux hommes étaient une seule et meme personne en conflict avec elle-meme et qu'elle devait décider quelle partie d'elle-meme allait survivre.

L'aspect dramatique de la situation (extérieure et intérieure) est souligné par l'ironie, comme si le rire était l'unique chose que la guerre n'était pas parvenue a anéantir. Cette ironie m'a rappelé Mordecai Richler bien que, étant donné qu'il s'agit ici d'une ouvre dramatique, le plus facile soit de la comparer avec les tragi-comédies de Pirandello. Les coups portés par Gunjaèa a la politique et a la mentalité des gens sont extremement directs et acérés…

Je vous épargerai le nombre de grands prix littéraires que cette ouvre a reçus, car on sait bien que tout le monde se moque des prix, et que ce qui est essentiel, c'est l'Art, et je peux certifier qu'il s'agit ici d'Art véritable.

.Fabrizio Pizzuto
(Parole di Sicilia, 2004) Italie

Dražan Gunjaèa crée, selon moi, un jeu farfelu de cercles concentriques : la folie se justifie par la folie, l'absurdité du théâtre de l'absurde n'est plus ce qu'elle était autrefois, car notre planete devient la seule véritable absurdité.

Dražan a connu la guerre, dont il nous décrit les exploits dans cette piece de théâtre, ce drame qui suscite la claustrophobie en s'enfermant dans sa propre coquille. Il nous reste a tous comme seule (faible) consolation que ce ne sont pas Vladimir et Estragon qui ont perdu leur signification, mais Godot lui-meme, comme si l'impuissance pouvait etre une consolation

J'ai eu de la peine a contenir mes émotions tandis que chaque page m'entraînait au cour de l'histoire, que la scene se fermait progessivement a toute ouverture possible (peut-etre n'existe-t-il rien en-dehors de cet appartement, et voila le secret du théâtre), mais ou se termine l'ironie, ou commence la tragédie, que signifie cette absence de frontieres ?

Lisez Dražan Gunjaèa, mesdames et messieurs, trouvez-le, achetez-le, lisez sa Roulette balkanique , les regles de la Roulette sont extremement simples, mais… et si c'étaient celles de notre vie ?

Marcello Tosi
Corriere Romagna , 21/03/2004, Italie

Andrea Camilleri a qualifié la Roulette Balkanique de « dialogue tragique et sans issue, tel un duel a mort, sur l'absurdité des conflits et des guerres ». Dans cette derniere ouvre, bien accueillie par la critique, de la trilogie sur la guerre dans les Balkans, apres A mi-chemin du ciel et Ruptures balkaniques (ouvres traduites et publiées dans de nombreux pays), l'écrivain croate a fait allusion a la mort comme résultat d'un jeu pervers qui catapulte les gens ordinaires dans une existence douloureuse et désespérée, comme cela arrive a Petar, l'un des personnages principaux, qui assiste a l'effondrement de toutes ses valeurs sous le poids des déchirements de la guerre. « Les idéaux ? Les uns les créent, les autres en font le proces, les troisiemes meurent pour eux », comme nous avons eu récemment l'occasion de le lire dans ses Confessions d'un vieux poete publiées par « Faranews ». « Allons-nous voir venir un jour une génération qui ne sentira plus le fardeau des souvenirs d'autrui ? Qui n'écoutera que les siens propres ? Jamais. Et non seulement ici. Les souvenirs d'autrui tuent notre avenir. »


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